Maison inondée : 4 priorités pour se mettre en sécurité, nettoyer et être indemnisé

Face à une maison inondée, la priorité est de protéger les occupants, d’éviter l’électrocution et de suivre les consignes des autorités. Une fois le danger écarté, il faut limiter l’humidité, conserver les preuves des dégâts et préparer une remise en état sûre.
1. Mettre les personnes à l’abri avant de toucher à la maison
Si l’eau continue de monter, évacuez dès que les autorités le demandent. Ne descendez pas à la cave, ne traversez pas une zone inondée à pied ou en voiture et ne prenez aucun risque pour récupérer des objets. Les enfants, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite et les animaux doivent être accompagnés en priorité.
Lorsque l’évacuation n’est pas encore demandée, mais que l’eau approche, rejoignez un étage ou une zone refuge en hauteur. Cet espace doit idéalement être accessible depuis l’intérieur et permettre une sortie vers l’extérieur. Gardez avec vous un téléphone chargé, vos papiers d’identité, vos médicaments, de l’eau, une lampe, des vêtements chauds et une radio ou un autre moyen de recevoir les informations officielles. Un kit d’urgence prévu pour 72 heures facilite ces premières heures.
Couper les réseaux seulement si cela ne vous expose pas
Coupez l’électricité, le gaz et l’eau depuis un endroit sec et accessible. Si le tableau électrique est déjà entouré d’eau, si vous sentez une odeur de gaz ou si vous avez le moindre doute, ne manipulez rien. Éloignez-vous et contactez les secours ou un professionnel. Ne remettez jamais l’électricité en service vous-même après une inondation. Un contrôle de l’installation est nécessaire avant toute remise sous tension.
- Ne touchez ni prise, ni appareil électrique, ni rallonge avec les mains humides.
- N’utilisez pas de groupe électrogène, de rallonge ou de pompe électrique dans une zone humide sans installation sécurisée.
- Éloignez-vous des cuves de fioul, de gaz et des produits chimiques susceptibles de flotter ou de fuir.
- Suivez les consignes de la mairie, de la préfecture et des services de secours.
2. Constater les dégâts avant de vider et de nettoyer
Dès que l’accès au logement est autorisé, prenez des photos et des vidéos de chaque pièce, des murs, des sols, des meubles, des appareils, des documents et des traces laissées par la hauteur d’eau. Photographiez aussi l’extérieur, notamment le portail, le jardin, la clôture, la dépendance, la cave et le garage. Faites ces constats avant de jeter, déplacer ou nettoyer les biens, autant que possible.
Créez ensuite un inventaire simple avec l’objet, sa marque ou sa description, sa date d’achat si elle est connue, son prix estimé, la facture disponible et la nature du dommage. Conservez les objets endommagés, les emballages, les factures et les devis de réparation jusqu’aux instructions de l’assureur ou au passage éventuel de l’expert.
Vérifier l’état du bâtiment avant d’y travailler
Une maison inondée peut présenter des dangers difficiles à repérer : plafond alourdi par l’eau, plâtre décollé, escalier fragilisé, parquet soulevé, mur fissuré ou plancher instable. N’entrez pas dans une pièce qui semble déformée ou dont le plafond gondole. Faites contrôler les éléments douteux par un professionnel, surtout si l’eau a atteint les installations, les murs porteurs ou le sous-sol.
Considérez les eaux boueuses comme potentiellement contaminées par des eaux usées, des hydrocarbures ou des produits ménagers. Portez des bottes, des gants étanches et des vêtements couvrants. Ne consommez pas l’eau du robinet tant que les autorités compétentes n’ont pas confirmé qu’elle peut être utilisée.
3. Évacuer l’eau et assainir sans enfermer l’humidité
Le pompage ne doit commencer que lorsque le bâtiment est accessible sans danger et que les circuits électriques sont sécurisés. Pour une cave ou un sous-sol, une pompe submersible convient à l’eau claire ou peu chargée. En présence de boue et de débris, utilisez un matériel adapté aux eaux chargées ou un aspirateur eau et boue. Orientez le rejet vers une zone qui ne risque pas de renvoyer l’eau vers la maison ou chez les voisins.
Retirez la boue avec des outils manuels, puis nettoyez du plus haut vers le plus bas. Les revêtements, les plinthes, les isolants, les moquettes, les cartons et les plaques de plâtre durablement imbibés retiennent l’humidité et favorisent les moisissures. Ils doivent souvent être retirés et remplacés plutôt que simplement masqués par un nettoyage de surface.
Aérer, sécher et désinfecter dans le bon ordre
Ouvrez les portes et les fenêtres lorsque les conditions extérieures le permettent. Éloignez les meubles des murs, démontez les éléments humides si vous pouvez le faire sans danger et créez une circulation d’air. Nettoyez les surfaces lavables, puis désinfectez-les avec un produit adapté en respectant sa notice. Ne mélangez jamais les produits ménagers : certaines associations peuvent dégager des vapeurs irritantes ou toxiques.
Une maison ne redevient pas saine simplement parce que le sol paraît sec. L’humidité peut rester dans les doublages, l’isolant, les menuiseries et les planchers. Cette phase de séchage conditionne la salubrité du logement et la qualité des réparations futures.
Un intérieur inondé peut cacher des dommages derrière les meubles. Une cloison ou un doublage qui semble intact peut retenir de la condensation, de la corrosion et des moisissures. Décalez les meubles, contrôlez les angles froids, ouvrez les parties accessibles et surveillez les odeurs de renfermé pour éviter de repeindre trop vite sur un problème encore actif.
4. Déclarer le sinistre et comprendre la garantie mobilisée
Contactez votre assureur dès que possible, même si vous ne connaissez pas encore le montant des dommages. La CAF recommande une déclaration dans les 24 heures. Selon la garantie applicable, les délais indiqués peuvent être de 5 jours pour une déclaration au titre de la garantie inondation et de 10 jours après la publication d’un arrêté de catastrophe naturelle. Vérifiez toujours les conditions de votre contrat et les instructions de votre assureur.
| Situation | Origine habituelle | Réflexe à avoir |
|---|---|---|
| Dégât des eaux | Fuite, canalisation, appareil ou infiltration intérieure | Identifier l’origine, limiter la fuite et déclarer le sinistre. |
| Inondation | Crue, ruissellement, remontée de nappe ou submersion | Se mettre en sécurité, documenter les dégâts et vérifier les garanties. |
| Catastrophe naturelle | Événement reconnu par arrêté | Déclarer dans le délai prévu après la publication de l’arrêté. |
Envoyez les photos, les vidéos, l’inventaire, les factures, les devis et les coordonnées des entreprises intervenues. L’expert missionné par l’assurance évalue les dommages et les réparations nécessaires. L’indemnisation dépend notamment des garanties souscrites, des exclusions, de la vétusté et de la franchise. Pour les habitations, la franchise mentionnée en cas de catastrophe naturelle est de 380 euros. Elle atteint 1 520 euros lorsqu’un dommage est imputable à un glissement de terrain.
Réduire les dégâts lors d’une prochaine inondation
Après la remise en état, un diagnostic de vulnérabilité aide à choisir les travaux adaptés au logement : installation de batardeaux aux portes, clapets anti-retour contre les remontées d’eaux usées, rehausse du tableau électrique, de la chaudière ou de la pompe à chaleur, stockage en hauteur des produits polluants et arrimage des cuves.
Les batardeaux limitent les entrées d’eau par les ouvertures, mais ils ne doivent pas transformer la maison en barrage. Une hauteur maximale de 80 cm est recommandée. Au-delà, la pression exercée par l’eau sur les murs peut devenir problématique. Les aérations basses peuvent être obturées temporairement durant l’alerte, puis rouvertes après l’événement pour faciliter le séchage.
Dans certaines situations, des travaux de réduction de vulnérabilité peuvent être soutenus par le Fonds de prévention des risques naturels majeurs, aussi appelé fonds Barnier. Le taux de subvention mentionné peut atteindre 80 % pour des travaux éligibles, avec une avance possible de 30 %. Renseignez-vous auprès de la mairie sur les dispositifs locaux, le PPRN et les programmes de prévention existants.